|
Après le Sénégal et le Mali, Brice Hortefeux, le ministre français chargé de lutter contre l’immigration clandestine, a repris sa tournée favorite en Afrique pour vendre son concept d'immigration choisie.
La semaine dernière, le ministre français l’Immigration, de l'Intégration, de l'identité nationale et du Développement solidaire, Brice Hortefeux, était dans la capitale du « pays des hommes intègres », Ouagadougou, pour vendre son concept d’immigration choisie. Un marché difficile à accepter pour des pays qui ont donné leur sang pour la liberté de la puissance colonisatrice. Décidé à faire passer ledit concept, celui-ci a été couplé à un autre dit du développement solidaire, le tout saupoudré d’une volonté de dialoguer avec les partenaires africains. Hortefeux a donc pris son bâton de pèlerin et vole de capitale en capitale africaine, avec la ferme intention de faire signer le fameux « accord de gestion concertée des flux migratoires ». Le ministère tant controversé de l’Immigration, de l'Intégration, de l'identité nationale et du Développement solidaire ayant été créé contre vents et marées, il fallait bien qu’il existât. Là aura été tout le sens politique du Président Sarkozy en conseillant à son plus fidèle lieutenant d’instaurer le dialogue aux vertus thérapeutiques connues et reconnues de tout le monde. Mais cela suffira-t-il à endiguer les amateurs au saut des océans à la quête d’un eldorado perdu face à la déferlante de la crise financière. Avec celle-ci, le ministre de l'Identité nationale et du développement solidaire gagnera peut-être son pari de la maîtrise des départs. En partant du fait que le phénomène d’immigration est aussi vieux que le monde, la bataille pour contrer les flux émis par l’Afrique aurait une chance d’aboutir si un sens était réellement donné au développement solidaire. Parce que ce volet reste encore un mystère depuis l’arrivée à l’Elysée de « l'ami » de l'Afrique Nicolas Sarkozy. L'Afrique veut espérer que son ajout à la dénomination du ministère de Hortefeux n’a pas eu pour dessein que de noyer le poisson. Il est heureux cependant que la France et bien d’autres pays du Nord commencent enfin à comprendre qu'ils faisaient fausse route, la tendance actuelle étant à la conclusion d’accords avec certains pays africains, dans le but de mieux discipliner et d'encadrer les flux migratoires vers l'Occident. Se mettre d’accord, tenter de trouver un juste milieu, de sorte que chacun puisse y trouver son compte, voilà ce qui est plus indiqué. Cette démarche est en tout cas préférable aux positions unilatérales tranchées, dont les résultats ont d’ailleurs montré leurs limites. Reste à savoir avec ce nouveau concept d'Hortefeux quel type d’accord sera conclu. Il faut espérer que ce soit un accord qui défende aussi les intérêts du continent, un accord qui ne sonne pas comme la chronique annoncée de la fuite des cerveaux africains. Kadiatou BALDE |