Amadou Lamine Sall plaide pour Un Conseil de sécurité de la langue française

« Servir les créateurs et la langue française avant les politiques. » Tel est le voeu pieux énoncé par le l’écrivain et poète sénégalais Amadou Lamine Sall, qui a appelé les pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF)  à doter cette instance qu’ils partagent d’un Conseil de sécurité de la langue française et de la promotion des langues et cultures identitaires. Il s’agit, à travers cette instance, de doter les pays francophones d’un outil moins politique, un outil de conseil, de veille et d’équilibre, pour nourrir les réflexions, les décisions, les orientations majeures sur la Francophonie, en dehors de l’emprise exclusive des directives des Sommets des chefs d'État.

Selon le poète, la politique n'est qu'une urgence, certes devenue obsédante, mais c'est la culture qui est l'exigence. La culture au sens large : l'alphabétisation, la scolarisation, la recherche universitaire, l’édition, le livre de jeunesse, la lecture, la création littéraire, artistique, scientifique et technologique. Pour M. Sall, il faut d’abord servir dans et par une langue française mieux enseignée, mieux parlée, plus présente, plus adaptée aux nouvelles sciences, plus ambitieuse, plus respectée.

S'énonçant sur le fond de son texte intitulé « Restaurer les fondamentaux, arrêter le gâchis », l'écrivain poète déclare : « Je ne suis pas de ceux, de plus en plus nombreux, et à tort, qui demandent tout simplement son enterrement . Je la défendrais toujours, a-t-il poursuivi. Elle demeure une belle institution, fédératrice, porteuse d’une immense espérance. Nous n’en sommes plus, nous du Sud, des locataires mais bien des propriétaires à part entière. C’est une famille dont nous avons besoin. Mais il faut au préalable une véritable mutation. »

En vérité, selon lui, la Francophonie se doit d’être plus solidaire, plus visible, plus exigeante avec elle-même. Seulement, ajoute-t-il, dans le contexte actuel, la Francophonie a beaucoup déçu et il convient de ne  pas le taire. «  Nous l'aimons et elle a besoin d’être bien secouée pour qu’elle revienne à l’essentiel de ses missions, à ses fondamentaux », note-t-il. Pour le président de la Maison africaine de la poésie internationale (MAPI), la Francophonie ne peut pas tout faire en voulant à la fois remplir les missions de l’UNESCO et de l’ONU.  « Qui trop embrasse mal étreint, c’est connu. La voilà donc trop dispersée et s’épuisant dans des objectifs qui ne sont pas les siens. Il faut la recentrer sur la culture, l’éducation et la formation, la promotion, la défense et le rayonnement de la langue française ainsi que sur la valorisation des langues nationales du Sud », poursuivit-il. En définitive, à en croire le poète sénégalais, l'heure a sonné de s'atteler à une réelle  promotion  des créateurs pour favoriser enfin leur libre circulation dans toute l’espace francophone.

Pape Demba DIOP

                                                                   

 
 

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